La métamorphose des corps

Le travail photographique de Chloé Mousset-Becouze pourrait s'illuster par cette citation de Jacques Lacan, " il y a là une horrible découverte, celle de la chair qu’on ne voit jamais, le fond des choses, l’envers de la face, du visage, les sécrétats par excellence, la chair dont tout sort, au plus profond même du mystère, la chair en tant qu’elle est souffrante, qu’elle est informe, que sa forme par soi-même est quelque chose qui provoque l’angoisse. Vision d’angoisse, dernière révélation du tu es ceci – Tu es ceci qui est le plus loin de toi, ceci qui est le plus informe". Vision merveilleuse et poètique, imagerie de la métamorphose, la peau devient le champ de l’imaginaire, elle s’incarne à travers ses personnages fabuleux qui hantent les rêves et pénètrent le symbolisme de l’image. La peau, comme carte mémoire des tumultes intérieurs, est alors la proie de l’informe, du fantastique, du leurre et de l'illusion. Les thèmes abordés, procèdent par détournements ou réappropriations. Politiques, culturels et poétiques, ceux-ci réinvestissent la peinture ou la littérature, la musique, les sciences ou les nouvelles technologies. Ils s’hybrident comme autant de manières de productions du visible pour pénétrer le domaine de l’onirique, de la mémoire et de l’inconscient.